Même en pleine pandémie, Washington refuse de suspendre les sanctions internationales

Dalia Hamam Dimanche 29 Mars 2020-14:06:12 Actualités Internationales
Washington refuse de suspendre les sanctions internationales
Washington refuse de suspendre les sanctions internationales

Les appels les plus divers n’y ont rien fait: même en pleine pandémie, les Etats-Unis restent sourds aux demandes de suspension des sanctions qui frappent des pays gravement frappés par la crise sanitaire, comme l’Iran, et renforcent même leurs mesures punitives.

Une attitude qui provoque l’incompréhension de nombre d’observateurs.

“Même les pays que nous n’aimons pas vivent sur la même planète”, dit à l’AFP Max Abrahams, professeur à la Northeastern University. “Nous devons travailler avec eux pour traiter les problèmes communs. Ce n’est pas dans l’intérêt de la sécurité nationale américaine de voir le coronavirus se propager”.

Huit adversaires parmi les plus farouches de Washington ont justement réclamé une pause dans une lettre à l’ONU, pour combattre l’épidémie de manière “totale et efficace”.

Parmi les signataires, l’Iran, bête noire de l’administration de Donald Trump au Moyen-Orient, ainsi que ses ennemis latino-américains -- Venezuela, Cuba --, ou encore la Corée du Nord.

Et, enfin, ses deux principaux rivaux stratégiques, la Chine et la Russie, dont le président Vladimir Poutine a personnellement proposé un “moratoire” sur les sanctions économiques.

L’appel a bien été relayé par le Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, qui a demandé vendredi de “suspendre les sanctions qui peuvent saper la capacité des pays à répondre à la pandémie”.

Au cours des derniers jours seulement, Washington a ajouté à sa longue liste noire cinq entreprises des Emirats Arabes Unis -- un pays allié -- accusées de contourner l’embargo américain contre le pétrole iranien, ou encore plusieurs intérêts économiques iraniens en Irak.

Plus largement, la diplomatie de l’administration Trump continue d’avoir recours à son arme préférée: les mesures punitives.

Cette semaine, elle a ainsi annoncé l’inculpation pour “narco-terrorisme” du président vénézuélien Nicolas Maduro, qu’elle veut chasser du pouvoir, et coupé l’aide à l’Afghanistan pour contraindre ses dirigeants à jouer le jeu du processus de paix censé permettre à l’armée américaine de se retirer.

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